Rentrée académique 2006/2007




Discours du directeur président de la HERS (Georges Sironval)

Discours du directeur de la catégorie pédagogique (Guy Denis)





Discours du directeur président de la HERS (Georges Sironval) prononcé lors de la séance de rentrée académique le 28/09/2006
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J’articulerai cette intervention – courte, rassurez vous - autour de 3 axes et de 5 souhaits.

Le premier axe, c’est celui du renforcement, des renforcements même.

Celui de nos assises et de notre ancrage local d’abord. Après la croissance artificielle due à nos étudiants maintenant appelés NR, que nous avons connue ces derniers temps, il est probablement sage de nous repositionner sur ce que les économistes appellent notre « core business », c’est-à-dire sur les formations dans lesquelles nous sommes certains d’exceller, celles qui ont fait notre réputation, et de répondre ainsi aux souhaits de la population locale.

Celui du renforcement de nos partenariats ensuite.

Avec l’académie Wallonie-Europe d’abord, et je sais que le recteur Bernard Rentier désirait marquer par sa présence sa volonté d’y concourir. Mais je reconnais que Madame Simonet a plus d’atouts que nous. Petit scoop quand même à signaler puisque le vice-recteur Albert Corhay a posé sa candidature comme membre de votre conseil d’administration.



Renforcement aussi avec nos partenaires historiques, comme l’université de Nancy ou celle de Luxembourg, la Haute Ecole Blaise Pascal, les écoles secondaires et fondamentales de la région, les entreprises, la chambre de commerce, la province de Luxembourg, bref tous ceux qui sont convaincus qu’un institut d’enseignement supérieur est utile à la région. Car ne croyez pas que cela aille de soi. Je sais que, surtout par les temps qui courent, certains estiment qu’il est peut-être moins onéreux d’augmenter davantage le montant des bourses réservées aux étudiants luxembourgeois que de continuer à investir ici tandis que certain PO préfèrerait le suicide collectif au risque que seule l’autre institution subsiste !! Il fallait que ce soit dit.



Le deuxième axe est celui du pragmatisme.

Pour être crédibles, pour être attractifs, nous devons étudier sérieusement la possibilité de créer un campus unique. Le cabinet Arena, responsable des infrastructures, l’Ulg, encore, qui disposent ensemble de moyens humains et, bientôt, financiers, sont prêts à nous aider. Il est clair que nous aurons, nous en avons d’ailleurs déjà eu, des levées de bouclier. Des conseils communaux ont voté des motions. Mais c’est un peu comme si une ville ne se rendait compte de l’importance d’une école que lorsque celle-ci disparaît. Il faudra, après les échéances électorales prochaines, réunir autour d’une même table les bourgmestres concernés. A ce propos, j’ai probablement été distrait, je n’ai pas lu ni entendu grand-chose – c’est bien entendu un euphémisme – sur ce sujet dans les programmes électoraux. Je sais que je suis trop impatient et qu’un grand débat aura lieu sur la question…


Nous devrons aussi, c’est dans les carnets du cabinet fonctionnel, discuter avec la HE B Pascal. Car les normes de maintien, apparues fugacement fin de l’année académique précédente, reviendront soyez en certains. Et les rationalisations que nous n’avons pas pu réaliser, par crainte l’un de l’autre essentiellement, elles nous seront imposées. Là encore, tous ceux qui affirment leur attachement à un enseignement supérieur de proximité devront être rapidement mobilisables.

Le troisième enfin, c’est celui de la gestion de l’après décret NR.

Je ne reviendrai pas sur les péripéties qui ont précédé celui-ci mais plutôt sur les inquiétudes qu’il suscite. Ce n’est pas cette année que nous connaîtrons des difficultés dans les sections concernées. Globalement, la population de la HE croîtra encore en 2006-2007. Simplement parce que les populations inscrites l’an passé vont se retrouver dans l’année suivante. Nous aurions juste dû être davantage et cette année est seulement marquée par un « manque à gagner », en terme de nombre d’étudiants bien entendu. La suite promet d’être nettement moins drôle et il est clair que la section logopédie risque de n’être plus que l’ombre d’elle-même. La section éducateur semble moins touchée. Il est vrai qu’elle est sans concurrence loin à la ronde puisque la plus proche se trouve à Liège. Quant aux kinés, si l’on constate un regain d’intérêt de la part des étudiants belges, le plan mis au point entre Marc Fourny et J-M Crielaard, de l’ULg devrait permettre de pérenniser la formation.

Vient maintenant le temps des souhaits.

Bien qu’ils soient nombreux, je vais tenter de les limiter à 5, comme les 5 années de reconduction à la présidence que je m’apprête à vivre.

Je souhaite d’abord que les enseignants continuent à s’impliquer dans leur tâche comme ils le font actuellement. Bien sûr, nous avons dû à deux ou trois reprises, rappeler à l’un ou l’autre certaines règles déontologiques, jamais rien de bien grave. Mais sur plus de 200 collègues ! Quelle entreprise privée ne serait pas heureuse d’un tel bilan.

Je souhaite que le collège de direction, le conseil d’administration et le commissaire du gouvernement continuent à œuvrer dans le même sens. Je ne connais pas de HE où l’entente soit aussi constructive. Jamais nous n’avons dû voter, toutes les décisions étant prises en consensus, avec l’aide du commissaire. Et même lorsqu’il nous est arrivé de faire une erreur, le conseil d’administration nous a soutenus. Au nom de mes collègues, je l’en remercie.
Je souhaite davantage de dialogue encore. Nous nous connaissons peu. Les enseignants et le personnel d’un site ne fréquentent pas, à de rares exceptions, ceux des autres sites. Même si l’éloignement est, encore, important, même si la mobilité en province de Luxembourg est un problème complexe, nos objectifs sont les mêmes, notre vision de l’enseignement est la même. Malheureusement, tant que l’esprit de clocher subsistera de manière aussi vivace en Gaume, en Ardenne et en Lorraine, nous resterons paralysés. Regardez ce qu’a donné la guerre des bassins entre Charleroi et Liège : le temps de comprendre qu’il fallait s’unir pour subsister, il n’y avait pratiquement plus de sidérurgie.

Je souhaite encore que nous osions davantage, que nous n’ayons pas peur de montrer ce que nous faisons. C’est un apprentissage à faire, c’est une culture à instaurer. Le conseil d’administration est prêt à faire des efforts, importants, en ce sens. Il y a des manifestations où nous devons montrer que nous sommes présents. Le printemps des sciences par exemple. Le département technique est le seul pratiquement à y prendre part. Bien sûr il est certainement le plus motivé. Ils n’ont pas le loisir d’attendre les étudiants, ils doivent aller les chercher. Mais c’est un événement de portée interrégionale. Tous les départements doivent se sentir concernés. Je ne dis pas ici que rien ne se fait ailleurs : les semaines d’intégration professionnelle de Libramont devraient être étendues aux autres catégories, le concours de mathématiques de Virton mérite plus de soutien, plus de visibilité. Je suis certain que notre nouveau directeur de la catégorie technique dont l’expérience dans ce domaine est inégalable puisqu’il conduit depuis de longues années l’équipe belge aux olympiades internationales de mathématiques a des idées en la matière. Et n’oublions pas la recherche appliquée qui ne concerne pas que la catégorie technique, comme le démontre le projet pilote récemment initié par notre section soins infirmiers et la Haute Ecole de santé de Fribourg. Cette recherche sera en partie financée par un fonds de recherche suisse (12000CHF).

Je souhaite, enfin, des taux de réussite plus élevés. Un bon enseignant n’est pas un sélectionneur. Entendons-nous bien cependant. Je ne veux pas dire qu’il faut élargir les mailles du filet pour nous adapter à notre public et ainsi contenter les parents-clients et le grand argentier de la CF. Il faut que ce que nous faisons fasse sens et, égoïstement, je ne voudrais pas que mes petits enfants, pour autant que j’en aie un jour, se retrouvent confrontés à un instituteur mal formé, ou que je me retrouve à l’hôpital avec un personnel soignant incompétent face à un matériel installé par un ingénieur sous qualifié. Mais nous ne repérons pas assez vite les élèves en difficulté, nous ne mettons pas assez de moyens dans l’accompagnement des étudiants. Bien entendu le système concurrentiel que la CF nous impose n’aide pas à aller en ce sens car réorienter un élève vers une autre section, c’est en perdre le financement. La presse locale a récemment titré sur la course à l’étudiant que se livrent les universités. Comme si c’était nouveau. Et les HE alors ? C’est exactement le même problème … en pire, car il existe actuellement 29 HE en CF. Je vous le concède, le système dont nous avons hérité est un mauvais système. Il nous appartient, à tous, de le changer.

Georges Sironval





Discours du directeur de la catégorie pédagogique (Guy Denis) prononcé lors de la séance de rentrée académique le 28/09/2006
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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs en vos grades et qualités ;

C’est un immense honneur pour la catégorie pédagogique de la Haute Ecole Robert Schuman que d’organiser cette séance de rentrée académique 2006 ; c’est aussi un plaisir non dissimulé que de vous y accueillir.
Ayant le privilège, comme Directeur de cette catégorie, de pouvoir m’adresser à vous, je le fais dans un confort oratoire optimal ; en effet, je n’ai pas à chauffer la salle, puisque notre Directeur-Président, Monsieur Georges SIRONVAL, vient de s’y attacher ; et cerise sur le gâteau, la renommée de notre invité du jour et l’actualité du thème de son intervention augure d’un magnifique bouquet final.
Cela étant, je m’attarderai simplement à vous entretenir sur la place de l’enseignement supérieur pédagogique dans ce contexte bien chahuté de l’Enseignement Supérieur en Communauté Française.
Il y a quelques décennies, les formations pédagogiques préparant nos futurs instituteurs et régents étaient organisées dans des Ecoles Normales, devenues progressivement des Instituts d’Enseignement Supérieur Pédagogique, des IESP. Début des années 8O, 1980 s’entend, ces formations étaient toujours finalisables en 2 années. Héritage des anciennes Ecoles Normales, l’organisation des IESP était encore très proche de celle de l’enseignement secondaire : périodes de 50 minutes, évaluation loin d’être limitée aux seules session d’examens, grilles horaires hebdomadaires,…
Bien que la psycho-pédagogie y ait déjà pris ses marques, la maîtrise des contenus disciplinaires était toujours l’élément prépondérant de ces formations.
En 1984, nos décideurs politiques vont aligner les formations pédagogiques sur les autres formations de l’enseignement supérieur en faisant passer leur durée de 2 à 3 ans. Cependant, cette augmentation de la durée ne sera pas accompagnée d’une grande refonte des grilles de formation, juste un bon étalement de ce qui se faisait auparavant. Bel acte manqué, car la mise en place de l’enseignement rénové dans les années 70 et l’évolution de la société avaient déjà révélé la nécessité de nouvelles exigences psycho-pédagogiques, et donc un besoin de professeurs aux compétences psycho-pédagogiques adaptées à ces exigences.
Et puis, il y eu le Décret d’août 95 instaurant la création des Hautes Ecoles ; les IESP devenaient des Catégories Pédagogiques au sein des Hautes Ecoles ; le Supérieur Pédagogique jouait enfin dans la même cours que les autres filières de l’enseignement supérieur . A cette époque, les conséquences fondamentales se lisent essentiellement dans l’organisation : charge horaire annuelle, organisation des activités par semestre, session d’examen en fin de 1er et de 2e semestre, conditions de réussite, réglementation commune dans la gestion des dispenses,…
Pour ce qui est d’une redéfinition des grilles de formation afin que nos futurs enseignants puissent optimaliser leurs réponses aux besoins éducatifs de nos enfants, il faudra attendre 2001 ; c’est en effet en septembre 2001 que la réforme de la formation des enseignants, encore appelée la réforme DUPUIS, sera mise en œuvre. Seule la section des éducateurs spécialisés ne sera pas affectée par cette réforme ; il faut préciser que, quelques années auparavant, cette filière avait connu une redéfinition de ses finalités professionnelles et donc, une ré-écriture de ses grilles. Quant aux nouvelles grilles du pédagogiques, encore remodelées en 2005, elles font apparaître de façon explicite des axes de formation pouvant se revendiquer d’être en conformité avec le Décret Mission, décret précisant les orientations et les objectifs de l’enseignement obligatoire en C.F. ; et, je peux vous le confirmer, ce challenge est de taille. La multiplicité et le niveau d’excellence des activités d’enseignement que doivent valider les futurs enseignants conduisent d’ailleurs certains d’entre nous à se demander si 3 ans de formation ce n’est pas trop court…
Cependant, avant de répondre à cette question, ne faudrait-il pas s’affairer à ce que la profession soit encore plus attrayante en permettant à ceux qui s’y engage de pouvoir développer un véritable projet de vie.
Voilà, cher public, chers enseignants et chers étudiants du pédagogique, j’espère que ce petit morceau d’histoire contemporaine illustre combien vous méritez votre place dans ce paysage de l’Enseignement Supérieur.
Merci de votre attention.

Guy Denis






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